You are currently viewing Une dispute pour des sacs de ciment le conduit aux assises

Lundi et mardi, les jurés et les trois magistrats professionnels de la 3e session de la cour d’assises de Guyane ont jugé Ramon Walter Courtar, 58 ans, pour des faits de tentative de meurtre. Il a été condamné à quatre ans de prison avec une requalification des faits.

Le 8 février 2013, à Saint-Laurent du Maroni, Ramon Courtar avait, en effet, tiré à trois reprises, dont une fois en tir horizontal, avec un fusil de chasse sur Paul Maxwell, , alors que celui-ci lui faisait face. La victime avait été transportée, son pronostic vital engagé, au centre hospitalier de Cayenne.

Le verdict est tombé mardi après-midi. Les jurés ont requalifié les faits de tentative de meurtre en violence volontaire avec arme ayant entraîné une mutilation. L’accusé a été condamné à quatre ans d’emprisonnement, au lieu des dix ans de réclusion criminelle, et l’interdiction définitive du territoire réclamés par l’avocat général. Ce dernier mécontent du verdict examine l’opportunité de faire appel. Un verdict rendu malgré un réquisitoire implacable du procureur général Jean-Frédéric Lamouroux.

Il a souligné qu’au moment des tirs et compte tenu de la dispersion des balles, la distance était d’au moins de trois mètres. Les tirs ne peuvent en aucun cas être analysés comme des tirs de défense et établissent la volonté de la part de Ramon Walter Courtar de tuer Paul Maxwell. Son pronostic vital a été sérieusement engagé et seuls les soins médicaux reçus l’ont finalement tiré d’affaire. « Je considère que l’infraction de tentative de meurtre est bien établie » a affirmé le magistrat en regardant les jurés.

DES FAITS REQUALIFIÉS

En tout cas, si le procureur général Jean-Frédéric Lamouroux ne se satisfait pas du verdict, l’avocate de la défense Me Christine Charlot s’est réjouie de la décision des juges. Elle, qui s’était battue durant les deux jours du procès pour faire requalifier les faits, a été soulagée du verdict. « J’ai eu cette étrange sensation d’être devant le tribunal correctionnel, et une sensation bizarre lorsque j’entends l’avocat général parler de trente ans de réclusion criminelle » a souligné l’avocate.

Elle a fait remarquer l’absence de la victime, des témoins, ainsi que l’absence d’investigation balistique, l’absence d’experts. « Je suis attachée à l’oralité des débats, et elle n’est pas respectée, ce procès est bafoué » lance furieuse, Me Charlot. « Le jour des faits les cinq témoins sont placés en cellule de dégrisement, l’enquêteur indique qu’ils ont des propos incompréhensibles et vous me dites que tout va bien, qu’il faut le condamner à dix ans de prison, non ce n’est pas normal » a encore crié l’avocate.

Pour justifier une personnalité convenable de son client, l’avocate a indiqué qu’il a été en liberté pendant trois ans et qu’il ne s’est pas fait connaître, les gendarmes n’ont pas entendu parler de lui et il n’y a eu aucun incident » a fait encore remarquer l’avocate.Le 8 février 2013 à 20h30, les gendarmes sont intervenus dans un squat appelé Backa Cimetière à Saint-Laurent du Maroni pour un homme blessé par arme à feu.

L’enquête permettait d’établir que Paul Maxwell, la victime, avait dérobé des sacs de ciment au cimetière puis les avait vendus à Ramon Walter Courtar qui vivait dans le squat. Ce dernier lui en avait payé une partie, mais s’était vue reprendre les sacs de ciment par leur véritable propriétaire. Alors que Maxwell était venu réclamer à Ramon Walter Courtar le reste de l’argent qu’il estimait lui être dû, une dispute avait éclaté.

Auteur : Bernard DORDONNE

Source : www.franceguyane.fr/