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Plus de 19 heures d’audience ont été nécessaires pour essayer de comprendre les raisons de l’affrontement entre les jeunes et les policiers, le 22 novembre, à la suite d’un accident de la route.

Après une audience de 12 heures qui s’est terminée hier matin à 2 heures, les débats sur l’affaire des sept jeunes devant répondre de violences aggravées sur cinq policiers ont repris hier après-midi avec une minute de silence en hommage aux victimes de l’attentat à Paris. Le 22 novembre 2014, vers 5h30 du matin, un accident se produisait au rond-point Leblond. Les amis de la victime, les pompiers et les policiers se sont retrouvés sur les lieux et les choses ont dégénéré en affrontement entre les jeunes et les policiers (lire ICI notre précédente édition). « À travers ce dossier, les policiers qui assurent la sécurité sauront quelle est la protection qu’ils peuvent attendre de la justice lorsqu’ils sont agressés, violentés » , souligne le procureur, précisant que « les policiers avaient été requis pour sécuriser les lieux d’un accident » .
Dans cette affaire, « les policiers ont eu un comportement exemplaire » , car s’ils avaient laissé partir le conducteur de la voiture : « Cela aurait été une non-assistance à personne en danger. » Reprenant les procès-verbaux, il établit la responsabilité de chacun pour finalement requérir 6 mois de prison avec sursis pour trois prévenus, 12 mois ferme avec mandat de dépôt pour deux autres et 18 mois dont 12 ferme avec mandat de dépôt pour les deux derniers.
LA DÉFENSE ÉVOQUE UNE BAVURE
« L’augmentation des faits de violence contre les policiers et les gendarmes a augmenté de 5,6% en Guyane » , révèle Me Thierry Édouard, qui souligne les violences et le choc émotionnel subis par les victimes qu’il représente. « L’adjoint de sécurité s’est retrouvé sous une pluie de coups pour sa première intervention sur la voie publique » , précise-t-il, avant de demander que chaque prévenu verse 10 000 euros aux victimes.
Au niveau de la défense, Me Akim El Allaoui et Me Christine Charlot rappellent le contexte : « Ces jeunes sont venus secourir leur camarade victime d’un accident. Ils étaient sous le choc. Il y a eu incompréhension réciproque. » La relaxe est plaidée pour l’un, du sursis pour deux autres. Me Émile Tshéfu poursuit en s’interrogeant sur « la gestion de la situation par la police » et souligne « les incertitudes qui ne permettent pas de condamner » .
Me Jean-Yves Marcault-Derouard enchaîne en mettant l’accent sur « des éléments de preuves légers, tronqués » . Évoquant une « bavure » , il dénonce « une erreur catastrophique d’appréciation des policiers qui manquent de discernement et de psychologie » . Il estime qu’un complément d’information aurait été nécessaire. En conclusion, il demande la relaxe pour ses clients, dont un « enfermé arbitrairement » , et un complément d’information « pour enlever les doutes » qui planent sur ces faits. L’affaire est mise en délibéré au 20 janvier.
Auteur : D.St-J. / B.D.