You are currently viewing Erreur de procédure : une mule de 14 ans en prison
Samedi à l’aéroport Félix-Eboué de Matoury, une jeune femme s’est présentée au contrôle avec une fausse carte d’identité. Elle a déclaré être majeure, alors qu’elle est âgée de 14 ans. Elle a été placée en détention provisoire comme une adulte.

La photo sur la carte d’identité ne correspondait pas au visage du voyageur qui a tenté de partir à Paris. Dans le bureau de la Paf, les policiers découvrent plusieurs boulettes de cocaïne cachée dans sa culotte et son soutien-gorge. La jeune femme est conduite dans les bureaux des douanes situés sur le même palier que la police aux frontières. Les douaniers font à leur tour une nouvelle découverte, la prévenue a aussi inséré des ovules de cocaïne dans son vagin et dans son anus : au total 1200 gr de cocaïne dont 700 ovules insérés.

Les choses auraient pu s’arrêter là, et la prévenue aurait été condamnée pour transport, détention, et importation de stupéfiants. Mais les juges ont été obligés de relâcher la prévenue à cause d’une erreur de procédure dans la construction du dossier. Lorsque les enquêteurs ont demandé à la prévenue son nom et son âge, elle a donné le nom qui se trouve sur son profil facebook et une date de naissance indiquant qu’elle est majeure.

En effet, sur le rôle de l’audience de comparution immédiate de mardi, on lisait née le 23 juin 1999 à Paramaribo au Suriname. Ce qui signifie qu’elle est âgée de 19 ans.

ELLE EST REPARTIE LIBRE

Dans cette affaire, les enquêteurs qui ont instruit le dossier n’ont pas vérifié si la date de naissance fournie par la prévenue était le bon. À sa demande, ils n’ont pas téléphoné à la mère de cette dame, « pour éviter qu’elle s’inquiète » a-t-elle donné comme alibi. Elle a été déférée au parquet dimanche et présentée dans la foulée au juge des libertés et de la détention qui a ordonné sa mise en détention provisoire en attendant son jugement à l’audience de comparution immédiate de mardi.

Ni les enquêteurs, ni le médecin, ni le procureur de permanence, ni le JLD, ni les greffiers de permanence ne se sont doutés qu’ils ont placé dans une prison pour adultes, une mineure de 14 ans. Le pot aux roses est révélé par l’avocate de permanence, Me Christine Charlot. Il était 13 heures, une heure avant le début de l’audience, lorsque l’avocate de la défense a appelé la mère de sa cliente avec le numéro de téléphone qu’elle avait trouvé dans le dossier. L’avocate a demandé au tribunal pourquoi les enquêteurs n’avaient pas appelé la mère, puisqu’ils avaient le numéro ?

Le parent a envoyé une copie du passeport de sa fille et le récépissé d’une plainte qu’elle avait déposé en mars suite à une fugue de sa fille. Des documents qui ont prouvé que la prévenue a 14 ans et non 19. Des faits qu’elle a reconnu à la barre.Grace à la pugnacité de Me Christine Charlot qui a révélé l’énorme erreur dans la procédure, la prévenue a évité une deuxième fois la prison. Elle est repartie libre du tribunal.

Auteur : FRANCE GUYANE

Source : www.franceguyane.fr/